Citation:
"J’ai cru en l’homme. Je n’y crois plus. J’ai eu foi dans l’humanité : c’est fini. J’ai pensé, dit et écrit que mon espèce avait un avenir. J’ai tenté de m’en persuader. Je suis maintenant sûr du contraire : l’humanité n’a nul destin. Ni lendemain qui chante, ni surlendemain qui fredonne. No future : elle est comme une droguée - avide et déjantée, esclave des biens matériels, en souffrance de consommation, asservie à ce qu’elle imagine être la "croissance" ou le "progrès", et qui sera sa perte. Si elle ne s’autodétruit pas dans une guerre atomique... Une épave ! L’humanité est en train de couler. Elle a de l’eau par-dessus la ligne de flottaison. Elle est trop lourde, elle se démembre, sa quille éclate : "Ô que j’aille à la mer !", tel le "bateau ivre" d’Arthur Rimbaud. Elle ne veut rien voir ni rien savoir du désastre qui se prépare. L’équipage et les passagers ne se préoccupent que de charger encore l’embarcation, parce qu’ils imaginent que le bonheur est dans "le toujours plus". J’ai milité pour la survie de ma lignée animale, mais le genre Homo refuse de regarder en face les calamités qu’il se prépare ou que, déjà, il s’inflige. Il ne supporte même pas qu’on les évoque. Je n’entends partout que ces mots :"parlez-nous d’autre chose ! Soyez positif ! Divertissez-nous !" Ô Pascal : le divertissement..."